Citerne de David

Maître de l'Adoration groupe anversois, Pays-Bas méridionaux Le roi David Réception de la citerne d'eau de Bethléem, 1515-1520

Au-delà de la grotte du Lait, le rue longe, de chaque côté, des cimetières chrétiens des différents rites. A une petite distance il y a sur la droite une chappelle: c’est la “maison de S. Joseph”. Après la naissance de Jésus, la Sainte Famille resta quelque temps à Bethléem, où eut lieu la circoncision. Le jour fixé par la loi de Moïse, la Vierge et S. Joseph monèrent à Jérusalem avec l’Enfant Jésus pour les rites de la purification (Luc 2, 22). Les mages adorèrent Jésus dans une maison (Matthieu 2, 11). Que la Sainte Famille ait vécu à Bethléem après la naissance de Jésus, est un fait attesté par l’Evangile; qu’elle ait trouvé un logement dans ces parages même ne semble pas invraisemblable. Le passage de la grotte à la maison n’est pas une contradiction: originaire de Bethléem, S. Joseph pouvait y avoir des parents et des amis qui, en apprenant se pauvreté, lui portèrent généreusement secours.

Déjà au moyen âge, les fidèles ont essayé de localiser à Bethléem un souvenir spécial de S. Joseph. Les recherches se sont toujours faites dans la partie orientale, entre la grotte du Lait et le champ des Bergers, probablement à la suite d’une ancienne tradition locale. D’après les témoignages des pèlerins florentins Gucci et Frescobaldi, la localisation du souvenir était chose faite dans la seconde moitié du XIVe siècle. Depuis lors, elle n’a pas changé. La chapelle moderne (1890) repose sur la roche, mais aussi sur des murs de constructions antérieures, dont parlent nombre de pèlerins. On voit encore aujourd’hui, au pied de l’abside, un morceau de roche et, derrière l’autel, un bloc, qui appartenait peut-être à l’autel primitif.

La “maison de S. Joseph” est perpétuée par cette chapelle grâce au legs d’Ernestine Audebert. Pour ne pas avoir d’ennuis avec les autorités civiles, les constructeurs ont voulu donner à la chappelle un aspect modeste, comme s’il s’agissait d’une “maison pour la surveillance du terrain”. La chapelle a été solennellement bénie par le T.R.P. Giacomo Ghezzi, custode de Terre Sainte, le 20 mars 1893.

Piscine de Salomon

La forteresse de qala’at al-burak à Bethléem est connue pour être d’origine turque, mais sa structure est vraisemblablement beaucoup plus ancienne. Le château devait être un poste de garde des piscines de Salomon à Bethléem, sur la route qui mène à Artas. Les 3 piscines ont constitué l’une des principales ressources hydriques pour Jérusalem, par le biais un aqueduc qui arrivait jusqu’au Temple. Elles existaient certainement à l’époque d’Hérode, mais elles sont peut-être de 2 siècles plus anciennes. Les piscines sont à peu près rectangulaires et placées à la suite par rapport au fort, en direction Ouest-Est ; sur le côté Nord-Est, un couloir mène à l’embrasure de laquelle jaillit la source, tandis que tout autour, on observe de nombreuses traces des canalisations qui recueillent les eaux de superficie des collines voisines.

Une tuyauterie d’époque incertaine mène à l’aqueduc supérieur ; le canal disparaît en même temps qu’apparaît un tunnel signalé à terre par une série de 9 puits. A la sortie du tunnel, le tuyau poursuit son chemin vers le ‘wadi bijar’ (la vallée des puits), disparaissant ensuite dans un nouveau tunnel indiqué en superficie par une trentaines de puits encore utilisés par les paysans. Il s’agit d’un système hydraulique sophistiqué, destiné à recueillir de l’eau supplémentaire des nappes phréatiques, en reproduisant un système à qanat. Des ruines de l’aqueduc inférieur subsistent aux alentours des restes d’un édifice byzantin défini comme ‘deir al-banat’ (le couvent des jeunes filles). En 1998, la situation semblait avoir empiré par rapport à celle que nous avions trouvé 5 ans auparavant, à cause de l’abandon auquel les piscines avaient été laissées.