Le massacre des Innocents

Giotto, Le Massacre des Innocents Chapelle des Scrovegni, à Padoue

Au chapitre 3 de l’Evangile de Matthieu, nous est racontée la fuite de la Sainte Famille en Egypte. Cet épisode constitue pour nous un fait historique, lié à la persécution d’Hérode le Grand, qui cherchait à tuer Jésus. Joseph, le père adoptif et protecteur de l’Enfant-Jésus, reçoit en songe un avertissement de l’Ange du Seigneur. Il prend donc la fuite, avec Marie et l’Enfant, et gagna l’Egypte, -la tradition indique les monts Qusqam-, où il résida pendant 6 mois.

L’Egypte peut donc aussi être considérée comme une Terre sainte, puisqu’elle accueillit Notre Seigneur. L’Ange de Dieu apparait une seconde fois en songe à Joseph, et lui annonce la mort d’Hérode. La Sainte Famille retourne donc de nouveau en Terre d’Israël. Entre les deux parties du récit de la fuite en Egypte, quelques versets décrivent avec quelle férocité le roi Hérode décida, pour atteindre Jésus, de mettre à mort tous les premiers-nés de Bethléem. Cet épisode peut être considéré comme le prélude des grandes persécutions et des martyres des premiers siècles du christianisme. C’est avec ce massacre qu’Hérode voulut éliminer toute menace pouvant porter ombrage à son pouvoir absolu… et le Messie représentait cette menace.

Chez Matthieu, l’histoire du Massacre des Innocents se lit dans l’optique d’un plan salvifique de Dieu, avec un sens prophétique profond, comme un accomplissement des Ecritures. En effet, l’évangéliste se réfère au verset 15 du chapitre 31 du livre de Jérémie, lequel parle des lamentations de Rachel pour évoquer la tristesse du peuple d’Israël en exil à Babylone : « A Rama, une voix se fait entendre, c’est une plainte amère ; c’est Rachel qui pleure ses fils, et elle ne veut pas être consolée, car ses fils ne sont plus ». Les enfants exterminés à Bethléem par Hérode représentent, pour Matthieu, le peuple d’Israël. La douleur des mères est celle du peuple qui n’a pas reconnu le Roi-Messie.

Le massacre des Innocents